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Un mariage princier à Vassel !

Le 3 mai 1827, marque un jour peu commun dans l’histoire du village de Vassel puisqu’il marque la date d’un mariage princier, celui de Frédérique Loubens, marquis de Verdalle et de Thérèse Eléonore Huguet.

Qui sont les Loubens et les marquis de Verdalle ? 

 

Tout d’abord, il faut savoir que le château de Verdalle se trouve dans le Tarn, dans la région historique du Vicomté d’Albi. Le premier château est vraisemblablement construit vers 1096 par le premier seigneur de Dourgne avant son départ en croisade avec Raymond de Saint-Gilles, la même année. En 1582, Jacques de Loubens, seigneur de Verdalle, capitaine de 50 hommes d’armes, est fait baron par Henri III.  Il est ensuite fait chevalier de Saint-Michel à Amboise, un ordre exclusivement réservé aux gentilshommes attachés à la personne du roi. Jacques épouse en secondes noces Dame Guilhamettes de Grave de Sérignan le 1er octobre 1588 à Béziers puisque, malgré ses 60 ans, il espère toujours avoir un héritier mâle. Hugues II de Loubens de Verdalle naît en 1592, et son père Jacques meurt en 1594. Par la suite, au fil de la lignée, nous arrivons à Henri II de Loubens, née en 1699, qui reçoit le titre de marquis de Verdalle puis à Frédéric, comte de Verdalle, qui né le 3 avril 1748.

Le généalogiste du roi Louis XV avait officiellement reconnu la filiation de la famille de Loubens de Verdalle depuis 1287 ainsi que les titres de Marquis et de Comte. Le 22 juin 1791, alors que son régiment est en garnison à Verdun, Frédéric est envoyé à Varennes, mais il arrive trop tard pour dégager Louis XVI de la meute des révolutionnaires. Il est dit que le témoignage de l’un de ses lieutenants fut poignant.
Frédéric passera les années de la tourmente révolutionnaire dans la famille de sa femme en Normandie, si bien que les terres et le château de Verdalle sont mis sous séquestre comme biens d’émigré, ce qui était faux. Après la Terreur, Frédéric sollicite et obtient la levée du séquestre et rentre en jouissance de ses propriétés, mais il les vend en 1804, faute de moyens. L’abbé Alfred écrit : « C’est ainsi que la terre et seigneurie de Verdalle, qui appartenaient à la maison de Loubens depuis plus de 500 ans, sorti de la famille pour passer en des mains étrangères. » .

Son fils, qui se nomme lui aussi Frédérique né donc à Bayeux, dans le Calvados, le 16 novembre 1785, c’est lui dont le mariage sera célébré à Vassel. 

Quelques éléments sur Frédérique Loubens, Marquis de Verdalle 

C’est dans un contexte particulier à quelques années seulement de la Révolution que naît Frédérique Loubens.  Comme son père, il rejoint l’armée et fait une longue carrière militaire. Il débute sa carrière comme Dragon au 14ème régiment en 1803, puis il grimpe les échelons devenant tour à tour, brigadier la même année, maréchal des logis en 1804, sous-lieutenant en 1807, lieutenant en 1809, adjudant major en 1811, capitaine de régiment en 1814 puis chef d’escadron du 19ème Régiment de Chasseurs en 1819. 

En 15 ans, il participe à 11 campagnes (côtes de l’océan, Autriche, Prusse, Pologne, Espagne, France). Il est blessé d’un coup de feu à la figure lors d’une attaque porté à l’ennemi le 14 octobre 1812. 

Pour ses actes, il deviendra chevalier de la légion d’honneur le 26 mai 1813 puis officier  le 26 septembre 1829. Il est aussi fait chevalier de l’Ordre de Saint Louis le 16 octobre 1816. 

 

Le mariage du 3 mai 1827

 C’est à la mairie de Vassel que Frédérique Loubens, marquis de Verdalle, Chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint Louis, officier de la légion d’honneur et officier supérieur des gardes du corps du Roi épouse la demoiselle Thérèse Eléonore Huguet,  fille de Pierre Huguet, décédé à Paris, et de Josèphe Félicité Jacquier propriétaire et habitante du village du Pironnin sur la commune de Moissat. De treize ans sa cadette, Thérèse habite Vassel. 

En l’absence du père de Frédérique,  c’est son fondé de pouvoir, Monsieur Etienne Martin L   de la Forest, chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint Louis, habitant de la commune de Beauregard, qui consent au mariage. Ce dernier est célébré par François Chambige, adjoint à la mairie de Vassel , car le maire de l’époque, Antoine Tixier, est l’un des deux témoins de la mariée dont il est par ailleurs le beau-frère. Les autres témoins sont, son homonyme, Antoine Tixier, géomètre, habitant de la commune d’Espirat (futur maire trois ans plus tard), Robert Argilier, docteur en médecine, adjoint à la mairie de Vertaizon et Anselme Paul Huguet, notaire, maire de Moissat et cousin de l’épouse. C’est donc toute une partie des notables de la région qui sont réunis à Vassel pour ce mariage unique.